Bâtiment de bureaux, Lyon

Nom du project
Sede EMH y oficinas en Villeurbanne

Situation
55 Rue de la Soie, Villeurbanne

Architecte/s

Peñín Arquitectos - Alberto Peñín

OAB - Carlos Ferrater

AFAA - Damien Poyet y Phillippe Addart



Collaborateurs

Burno Dumetier



Collaborateurs architecture

AFAA: Anne Sophie Rigal, Louise Maestre, Giulia Fantini

Peñín Arquitectos: Marta Gómez López



Maître d'ouvrage
Cogedim Grand Lyon

Enterprise
Groupe Builders & Partners

Date de fin chantiers
2023

Budget
28.800.000 €

Surface
13.117 m2

Photographie
Joan Guillamat

Description

Entre un milieu naturel, près du parc métropolitain et du canal de Jonage, et sa racine sociale liée au travail et à l’industrie, Villeurbanne dessine le Carré de la Soie, un quartier relié au tissu pavillonnaire de l’amande conçu par l’urbaniste Bruno Dumetier. Un de ses derniers espaces urbains à se conformer, la place Miriam Makéba, porte d’entrée internodale au quartier, accueille plusieurs bâtiments tertiaires dont ce siège d’Est Métropole Habitat qui aboutit l’ensemble.

Son épannelage volumétrique décline à l`échelle du lot l’esprit de la séquence urbaine du grand paysage du canal, habité de pleins et de vides qui maillent d’Est à Ouest la ville. Le projet est attentif à cette double échelle et intègre une faille qui à la fois se réfère au paysage et reste attentif à la rue de la Soie. Cette coupure intègre au rez-de-chaussée un espace traversant pleins de contrastes, véritable forum habité, extension de la rue et lieu de rencontre et d’événements au-dessus duquel se déploie un jardin urbain en cascade qui lie ville et parc.

Cette césure permet organiser le programme en deux tout en conservant l’unité du bâti. Elle dessine plusieurs volumes et chanfreins qui répondent et s’adaptent aux voisins et aux distances et rapports qui les relient. Face au carré de la Soie le siège de EMH se développe à l’intérieur d’un triangle, la géométrie au meilleur rapport de façade/surface, à l’étage et au RDC. La position stratégique des noyaux, et le traitement des angles permet la disposition d’espaces de travail évolutifs qui alternent différentes modalités, depuis les espaces de convivialité à double hauteur, les bureaux paysage, les détentes aux angles et au centre, ou les boxes privatisés.

L’écriture architecturale transmet une certaine atemporalité, à la fois classique et contemporaine, complice du passé industriel du site et de la métropole (TASE; Gratte ciels, Tony Garnier). La trame 1.35 des bureaux, comme d’autres projets de l’agence en France, invite à une rigueur dynamique qui produit une texture urbaine aux multiples variations poursuivant l’allègement de la masse, la nuance et une certaine ambigüité. Cet effacement des limites se produit en vidant les angles du triangle ou le couronnement du R+8 découpés tous les deux contre le ciel, en augmentant la dimension des percées au socle R+1, en dessinant des fenêtres carrées de grande dimension au Nord ou à la place, en proposant des équilibres de masse qui ramènent le discours urbain des pleins et des vides au traitement des façades.

La base de réflexion de cette écriture est le travail de la fenêtre, élément central de l’architecture lyonnaise depuis son caractère répétitif et divers jusqu’au dessin de son lambrequin. Conçue comme une percée dans la masse de la pierre elle s’habille d’aluminium nuancé au laiton pour permettre de multiples reflets. Elle intègre une épine désaxée qui sert de guide aux protections solaires et une allège rainurée qui participent des profondeurs et luminosités de l’ensemble. Le couronnement de l’attique, où se déploie un escalier en double hélice, est habillé d’une tôle microperforée à un effet d’ensemble abstrait et dématérialisé. Elle intègre les différents espaces mécaniques, de travail et de détente tout en permettant la vue depuis l’intérieur le jour et un aspect lumineux la nuit.

La pierre calcaire locale est calepinnée délibérément. Elle suit la modularité des bureaux mais s’agroupe, se décale, se découpe, ou s’efface pour fournir différentes lectures. La proche souligne avec les différentes dimensions des joints quelques principes architecturaux, la lointaine renforce la masse ici et là pour répondre à la ville, souligner la géométrie du volume, ou renforcer le rez-de-chaussée notamment à la pointe du triangle. La charnière urbaine se met en place à travers d’un simple pli et une faille profonde et en ombre qui donne d’une manière naturelle la présence demandée à la proue.

C’est la ville d’abord. Continuités urbaines, travail de la porosité et de la densité, présence du naturel expriment une sensibilité qui s’étend à l’architecture à travers le choix de l’évidence et de la simplicité. L’effet étendard n’est pas ostentatoire, c’est simplement la continuité de la géométrie, la nature de son emplacement stratégique et la justesse de son expression qui affirment la présence et définissent le caractère de cette proue urbaine qui accueille le siège de EMH.




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